Comité des maires

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Friday, September 1, 2017

Vidéo de la conférence, Exposition- interventions-témoignages


Justice pour les victimes du massacre de 30 000 prisonniers politiques en 1988 en Iran
Alerte sur le sort des prisonniers politiques en grève de la faim
Le 31 août 2017, à la Mairie du 2 de Paris



À l'occasion de l'anniversaire du massacre de 30 000 prisonniers politiques en 1988 en Iran, une exposition a été organisée les 30 et 31 août à la mairie du 2 de Paris à l’initiative du Comité des maires de France pour un Iran démocratique et du Comité de Soutien aux droits de l’homme en Iran (CSDHI).
Cette exposition de photos, de documents et de témoignages d’anciens prisonniers apportait un éclairage bouleversant de ce crime contre l'humanité commis par le régime iranien resté jusqu’alors impuni.
L’exposition était enrichie par les interventions de personnalités présentes ainsi que d’anciens prisonniers et familles de victimes.
Tout d’abord un hommage a été rendu aux 52 membres de l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran, massacrés le 1er septembre 2013 dans le camp d’Achraf par des commandos de l’armée et des milices irakiennes à la solde du régime iraniens. En présence du Maire Jacques Boutault, les personnalités présentes, ainsi que les représentants de la résistance iranienne ont déposé des roses rouges en bas d’une affiche avec les photos de ces héros. La cérémonie s’est poursuivie par des dépôts de gerbes devant un mur où étaient affichés les noms et photos de victimes du massacre de 1988. Enfin les élus et les visiteurs sont allés à la rencontre de plusieurs anciens prisonniers politiques pour exprimer leur solidarité avec leurs camarades de cellule restés en prison en Iran. La situation est particulièrement préoccupante dans les prisons du régime. Amnesty International vient d’alerter sur le sort d’une vingtaine de détenus politiques en grève de la faim à la prison de Radjaï Chahr. Des photos de ces grévistes de la faim étaient affichées dans la cour de la mairie.
Le maire Jacques Boutault, a déclaré : « comme élu écologiste je suis fier de mon engagement pour la liberté de l’Iran. » Il a toutefois ajouté : « ce n’est pas seulement pour rendre hommage aux victimes, mais pour que cessent ces massacres. » Le maire du 2e arrondissement de Paris a estimé qu’il faut « dénoncer les massacres des prisonniers politiques en Iran » mais il a rappelé que « rendre hommage aux victimes » c’est aussi « dénoncer leur bourreaux qui sont à la tête du régime » iranien.
Ensuite Mme Rabieh Mofidi, a lu le message adressé à cette cérémonie par Mme Maryam Radjavi la présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne : « Près de trente années nous séparent du massacre de 30.000 prisonniers politiques en Iran. Mais ce crime n’est pas de nature à être oublié par l’histoire. Ce crime est une question du jour. C’est la question des terribles violations des droits humains en Iran. Cela concerne les exécutions quotidiennes dans tout l’Iran et les milliers de gens condamnés à mort. Pendant de longues années les gouvernements de l’Union européenne et des Etats-Unis, ont fermé les yeux sur ce crime contre l’Humanité, aidant ainsi les mollahs à tenir cacher la vérité. Nous appelons le Haut-Commissaire des droits de l’homme de l’ONU à mettre sur pied une commission d’enquête indépendante sur le massacre de 1988. Les gouvernements européens doivent au moins conditionner leurs relations diplomatiques et économiques avec ce régime à l’arrêt de la torture et des exécutions. »  
Le Maire du 1er arrondissement de Paris, Jean-François Legaret qui avait été l’hôte de cette exposition le 16 et 17 mai, est également intervenu : « le régime iranien cherche à faire disparaître les preuves du massacre de 1988 » mais a rappelé qu’en « brisant le mur du silence nous rendrons justice pour les victimes de 1988. ».
L’ancien Vice-président du parlement européen et actuel président de l’ISJ (Comité International pour l’Application de la Justice), Alejo Vidal Quadras a exprimé sa solidarité avec les prisonniers d’opinion qui sont en grève de la faim en Iran. Il a aussi rappelé un autre triste évènement et rendu hommage aux « 52 membres de la Résistance iranienne qui ont été exécutés par les agents du régime il y a quatre ans, le 1er septembre 2013, à Achraf. Sept autres ont également disparu, dont 6 femmes, et nous ne savons toujours pas quel a été leur destin. »
L’ancien Vice-président du Parlement européen a ensuite martelé : J'aimerais demander à l'UE et à nos Gouvernements de mettre la priorité sur les droits de l'homme dans leur relation avec l'Iran. Nous ne pouvons pas et ne devons pas chercher les profits économiques en marchant sur le sang de milliers d’innocents. Mais le régime, comme tous les systèmes bâtis sur l’oppression et la terreur, est instable. Il partira tôt ou tard. Il n'y a donc aucune opportunité à investir dans cette théocratie sinistre et fragile. La France devrait, en accordance avec sa tradition, être le leader dans la défense des droits de l'homme, des droits des femmes et de la campagne pour mettre fin aux exécutions en Iran. C'est ce que nous attendons du président Macron. »
Mgr Jacques Gaillot  a averti que « le jugement de l’histoire sur les auteurs du massacre de 1988 en Iran sera terrible. » Evoquant les résistants iraniens qui ont été transférés d’Irak en Albanie il a affirmé que « ces résistants iraniens sont pour nous une source d’inspiration. »
M. Bruno Macé, maire de Villiers-Adam et membre du Comité des maires de France pour un Iran démocratique, Jacques Feyte, Maire honoraire de Neuville Sur Oise, et Sylvie Fassier l’ancienne maire du Pin ont également apporté leur soutien.
Mme Massoumeh Raouf ex-prisonnière politique dont le frère a été exécuté durant le massacre a témoigné sur le calvaire de sa famille « Mon petit frère Ahmad n’avait que 16 ans quand il a été arrêté chez nous dans un raid des gardiens de la révolution. Depuis 29 ans mon père cherche la tombe de son fils comme les parents des 30 000 autres victimes de ce crime contre l’humanité. Mais la génération qui est née après mon frère est aujourd’hui en quête de la vérité et de justice pour les victimes et ne lâchera pas les mollahs criminels. » 
Une campagne réclamant justice pour les victimes du massacre de 1988 se développe en Iran et sur le plan international. Ce mouvement pour la justice réclame une enquête indépendante sur les massacres en Iran et la traduction en justice des responsables devant une juridiction internationale.
Le sort des prisonniers politiques grévistes de la faim à la prison de Radjaï-Chahr préoccupe également la communauté internationale. Amnesty International vient de publier un communiqué à ce sujet :

Rappel des faits :
Dans un rapport de 92 pages, publié le 2 août dernier, Amnesty International a alerté sur l'aggravation de la répression contre des défenseurs des droits de l'homme, notamment ceux qui au cours de l'année écoulée ont œuvré pour dénoncer le massacre de 1988. L'ONG a relevé l'intérêt grandissant de la jeunesse iranienne pour faire la lumière sur cette tragédie majeure de l’histoire contemporaine de l'Iran.
En juillet 1988, suite à une fatwa de Rouhollah Khomeiny, fondateur du régime islamiste, 30 000 prisonniers politiques, pour la plupart des sympathisants de l'organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran, la principale force d'opposition, ont été exécutés en quelques mois et enterrés secrètement dans des fosses communes.
Selon les juristes de notoriété internationale, ce massacre délibéré est l’un des plus grands crimes contre l'humanité commis dans des prisons, durant la deuxième moitié du XXe siècle. En dépit de la gravité du crime, aucune enquête indépendante n'a été menée par les instances internationales ou les organes des Nations-Unies.
Au cours des 29 dernières années, le régime des mollahs a cherché à cacher ce crime dans lequel ses plus hautes autorités sont impliquées. Toutefois, depuis un an, la question du massacre a fait surface en Iran. Il s'est trouvé au centre des débats, notamment au cours de la parodie électorale du mois de mai dernier, de sorte que le Guide suprême des mollahs, Ali Khamenei, a été obligé de mettre en garde à ce sujet. Le nouveau ministre de la justice du cabinet d'Hassan Rohani est un ancien membre de « la commission de la mort » chargée du massacre de 1988 dans la province du Khouzistan. Il se trouve sur la liste des sanctions de l'Union européenne pour son implication dans de graves violations des droits de l'homme en Iran. Il remplace à la « justice », Mostafa Pour-Mohammadi également un des membres de « la commission de la mort » à Téhéran lors de ce terrible massacre.

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